Le corps ne cherche pas l’immobilité : il cherche l’équilibre
Imaginez un funambule sur son fil.
À première vue, on pourrait penser que pour être en équilibre, il doit rester parfaitement immobile.
Mais c’est exactement l’inverse.
Pour rester debout, le funambule ajuste constamment sa position : il avance légèrement, corrige, se redresse, déplace son poids, puis retrouve son axe.
L’équilibre vivant n’est donc pas l’absence de mouvement. C’est la capacité à s’ajuster.
Notre organisme fonctionne de manière comparable.
Notre rythme cardiaque varie naturellement d’un battement à l’autre. Notre respiration change selon que nous dormons, marchons, parlons, faisons du sport ou vivons une émotion. Notre système nerveux adapte en permanence notre organisme à ce que nous vivons.
Cette capacité d’ajustement participe à ce que l’on appelle l’homéostasie : la capacité de l’organisme à maintenir un équilibre interne tout en s’adaptant continuellement aux changements.
Le cœur n’est pas un métronome
Un cœur vivant ne bat donc pas comme une horloge parfaitement régulière.
L’intervalle entre deux battements varie naturellement. Cette variation est appelée variabilité de la fréquence cardiaque, ou VFC.
Cette variabilité n’est pas un défaut.
Elle témoigne notamment de la capacité du système cardiovasculaire à moduler son fonctionnement en fonction des besoins de l’organisme.
Lorsque nous inspirons et expirons, par exemple, le rythme cardiaque peut naturellement varier au cours du cycle respiratoire. Lorsque nous nous levons, marchons, nous reposons ou faisons face à une émotion, notre organisme procède à de nombreux ajustements.
La santé n’est donc pas nécessairement synonyme de régularité parfaite.
C’est plutôt la capacité à s’adapter.
Et lorsque le stress devient chronique ?
Reprenons notre funambule.
S’il doit rester en équilibre quelques minutes, ses ajustements sont naturels.
Mais imaginons maintenant qu’il doive rester sur son fil pendant des heures, sans jamais pouvoir descendre, se reposer ou relâcher son attention.
Il pourrait finir par être épuisé.
Le problème ne serait pas qu’il sache s’adapter.
Le problème serait qu’il n’ait plus suffisamment de temps pour récupérer.
C’est une image intéressante pour comprendre le stress prolongé.
Notre organisme est parfaitement capable de se mobiliser.
Il sait accélérer le rythme cardiaque, modifier la respiration, augmenter la vigilance, libérer de l’adrénaline et mobiliser différentes ressources lorsque cela est nécessaire.
La mobilisation n’est pas le problème.
Ce qui peut devenir problématique, c’est lorsque les périodes de mobilisation se répètent et que les temps de récupération deviennent insuffisants.
L’objectif n’est donc pas de rester « calme » en permanence
On entend parfois parler d’un système nerveux qu’il faudrait absolument maintenir dans un état de calme.
Mais ce n’est pas ainsi que fonctionne un organisme vivant.
Nous avons besoin de pouvoir nous mobiliser lorsque nous devons agir.
Nous avons également besoin de pouvoir ralentir, récupérer et dormir.
Nous avons besoin de pouvoir passer de l’action au repos, de l’attention à la détente, de l’effort à la récupération.
Comme le funambule, notre organisme cherche constamment son point d’équilibre.
Et cet équilibre n’est jamais figé.
C’est aussi ce que j’observe dans mon accompagnement
Dans un accompagnement en sophrologie, je ne cherche pas à apprendre à une personne à être constamment détendue.
Nous cherchons plutôt à développer une meilleure conscience de ce qui se passe dans son corps :
Comment est ma respiration lorsque je suis tendue ?
Que se passe-t-il dans mon corps lorsque je ralentis ?
Comment est-ce que je reconnais les premiers signes de surcharge ?
Qu’est-ce qui m’aide à récupérer ?
La respiration, la relaxation, la sophrologie, l’auto-hypnose et l’hypnose peuvent alors devenir des outils pour expérimenter différentes façons de revenir vers davantage d’apaisement.
Lorsque cela est pertinent, certains paramètres physiologiques peuvent également être observés comme supports pédagogiques.
Mais il ne s’agit jamais de rechercher « le chiffre parfait ».
Car, comme notre funambule, notre organisme n’a pas besoin d’être parfaitement immobile.
Il a besoin de pouvoir s’ajuster.
Et parfois, retrouver son équilibre commence simplement par apprendre à sentir dans quelle direction notre corps est en train de pencher.
Amicalement,
Pascale Combes Sophrologue & praticienne en hypnose Ericksonienne

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