Rentrée et anxiété : pourquoi le changement peut-il réveiller nos peurs ?


Pourquoi une simple rentrée peut-elle parfois provoquer autant d'émotions ?

Sur le papier, il s'agit simplement de reprendre un rythme.

Pourtant, à l'approche de septembre, certaines personnes ressentent une fatigue importante, une boule au ventre, des pensées qui tournent en boucle ou une inquiétude difficile à expliquer.

« Et si je n'arrivais pas à tout gérer ? »

« Et si quelque chose se passait mal ? »

« Est-ce que je vais réussir à m'adapter ? »

« Il faut que tout soit prêt. »

Et parfois, la réaction semble dépasser largement ce qui se passe réellement dans le présent.

Pourquoi ?

Parce que nous ne réagissons pas uniquement à ce qui se passe aujourd'hui.

Nous réagissons aussi avec tout ce que nous avons appris, vécu et intégré au fil de notre histoire.

La rentrée est un changement, même lorsqu'il est prévisible

Notre cerveau aime les repères.

Un changement de rythme, de travail, d'école, d'organisation familiale ou de quotidien demande une adaptation.

Même lorsque nous savons que la rentrée arrive, notre organisme peut percevoir cette transition comme une période où il faut à nouveau être vigilant, organisé et capable de faire face.

Certaines personnes vont alors chercher à tout anticiper.

Les horaires.

Les trajets.

Les rendez-vous.

Les devoirs.

Le travail.

Les imprévus.

Plus elles cherchent à prévoir, plus les pensées se multiplient.

Et plus les pensées se multiplient, plus la fatigue s'installe.

Le besoin de contrôler peut alors devenir une manière de chercher de la sécurité.

Mais pourquoi certaines personnes ont-elles davantage besoin de contrôler que d'autres ?

Nous n'arrivons pas dans la vie avec un mode d'emploi

Dès l'enfance, nous apprenons à nous adapter à notre environnement.

Nous observons.

Nous ressentons.

Nous imitons.

Nous comprenons progressivement ce qui est accepté, ce qui est valorisé, ce qui provoque une réaction chez les adultes qui nous entourent.

Notre histoire participe ainsi à construire notre manière de voir le monde et de nous y sentir en sécurité.

Un enfant peut apprendre qu'il vaut mieux être sage.

Qu'il faut réussir.

Qu'il ne faut pas déranger.

Qu'il faut prendre soin des autres.

Qu'il faut cacher ses émotions.

Qu'il faut être autonome très tôt.

Qu'il ne faut surtout pas faire d'erreur.

Ces apprentissages ne sont pas nécessairement formulés clairement.

Ils peuvent être transmis par des paroles, mais aussi par les comportements, les réactions, l'ambiance familiale ou ce que l'enfant observe autour de lui.

Quand les anciens apprentissages continuent de nous accompagner

Devenus adultes, nous pouvons parfois continuer à fonctionner avec certains de ces anciens repères.

Pas parce que nous sommes « bloqués dans notre enfance ».

Mais parce que notre manière de réagir s'est construite progressivement.

Une personne qui a appris très tôt à anticiper peut devenir une adulte extrêmement prévoyante.

Une personne qui a associé l'erreur au jugement peut avoir beaucoup de mal à accepter l'imperfection.

Une personne qui a appris à prendre soin des autres peut avoir du mal à identifier ses propres besoins.

Une personne qui a vécu beaucoup d'incertitude peut rechercher davantage de contrôle.

Ces fonctionnements ont parfois eu une utilité.

Ils ont pu être des façons de s'adapter à ce que l'on vivait à un moment donné.

La question n'est donc pas forcément :

« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? »

Mais plutôt :

« Est-ce que cette manière de fonctionner m'est encore utile aujourd'hui ? »

Les schémas familiaux : ce que nous transmettons sans toujours le vouloir

Chaque famille possède son histoire, ses habitudes, ses valeurs et parfois ses non-dits.

Certaines familles valorisent énormément la réussite.

D'autres accordent une grande importance à la solidarité.

Certaines expriment facilement leurs émotions.

D'autres ont appris à ne pas trop montrer ce qu'elles ressentent.

Nous pouvons grandir avec des phrases qui deviennent progressivement des règles intérieures :

« Il faut être courageux. »

« On ne se plaint pas. »

« Il faut travailler dur pour réussir. »

« Il faut faire plaisir aux autres. »

« Il faut se débrouiller seul. »

« L'échec n'est pas acceptable. »

Ces croyances peuvent influencer notre façon de vivre certaines situations, y compris une période de changement comme la rentrée.

Mais il est important de le préciser :

identifier une influence familiale ne signifie pas accuser sa famille ni chercher un responsable à toutes nos difficultés.

Nos parents ont eux-mêmes leur propre histoire.

Et notre fonctionnement actuel résulte généralement de nombreux facteurs : notre tempérament, nos expériences, notre environnement, nos apprentissages et ce que nous vivons aujourd'hui.

Et les croyances limitantes ?

Certaines croyances peuvent finir par réduire les possibilités que nous nous accordons.

« Je ne suis pas capable. »

« Je dois tout maîtriser. »

« Je vais forcément échouer. »

« Je ne peux pas dire non. »

« Je dois être forte. »

« Je ne suis jamais assez bien. »

Lorsque ces pensées deviennent très familières, nous pouvons finir par ne plus les questionner.

Elles ressemblent alors à des vérités.

Pourtant, une croyance n'est pas nécessairement un fait.

Elle peut être une interprétation construite au fil de notre histoire.

Et prendre conscience d'une croyance peut déjà créer un espace :

« Est-ce vraiment toujours vrai ? »

Pensées en boucle : quand le mental cherche une sécurité qu'il ne peut pas obtenir

L'anxiété fonctionne souvent avec l'anticipation.

Le cerveau cherche une solution avant même que le problème n'existe.

Il imagine.

Il vérifie.

Il prévoit.

Il revient sur ce qui s'est passé.

Il imagine ce qui pourrait se passer.

Le but est généralement de se protéger.

Mais lorsqu'il devient impossible d'arrêter cette mécanique, elle peut devenir épuisante.

La personne peut alors avoir l'impression que son cerveau ne s'arrête jamais.

Et plus elle cherche à contrôler ses pensées, plus celles-ci semblent revenir.

Toutes les pensées ne méritent pas d'être résolues.

Certaines peuvent simplement être observées comme des productions de notre esprit.

Et l'inconscient dans tout cela ?

Le terme « inconscient » est souvent utilisé dans le langage de l'hypnose.

Il peut notamment désigner, de manière générale, tout ce qui influence notre fonctionnement sans être nécessairement présent à notre conscience au moment où nous agissons : automatismes, associations, apprentissages, habitudes ou réactions émotionnelles.

Cela ne signifie pas qu'il existe nécessairement, derrière chaque difficulté, un événement caché qu'il faudrait absolument retrouver.

Nous ne sommes pas obligés de déterrer une cause pour pouvoir évoluer.

Comprendre son histoire peut être utile.

Mais le travail thérapeutique peut aussi partir du présent :

Que ressentez-vous aujourd'hui ?

Comment réagissez-vous ?

De quoi avez-vous besoin ?

Quelles ressources avez-vous déjà ?

Et l'inconscient collectif ?

Le concept d'inconscient collectif vient notamment de Carl Gustav Jung et de la psychologie analytique.

Jung distinguait l'inconscient personnel, lié à l'expérience individuelle, d'un inconscient collectif qu'il concevait comme un niveau plus profond de la psyché humaine, partagé par l'humanité et notamment associé aux archétypes.

Cette notion est intéressante pour réfléchir à certaines représentations humaines communes : la peur, la séparation, la transformation, la perte, le passage d'une étape de vie à une autre…

Mais il est important de la présenter pour ce qu'elle est :

un concept issu de la pensée de Jung, et non un mécanisme scientifique établi permettant d'expliquer directement l'anxiété d'une personne.

Cette nuance est importante lorsqu'on parle d'accompagnement.

La rentrée peut aussi être un passage

La rentrée possède quelque chose de particulier.

Elle marque symboliquement le passage d'une période à une autre.

Un avant.

Un après.

Un nouveau rythme.

De nouvelles habitudes.

Parfois de nouveaux projets.

Et tout passage peut réveiller des émotions.

Il peut y avoir de l'envie et de l'appréhension.

De la motivation et de la fatigue.

De l'impatience et de la nostalgie.

Nous pouvons ressentir plusieurs choses à la fois.

Il n'est pas nécessaire de choisir entre « je vais bien » et « je vais mal ».

Les émotions peuvent coexister.

Et si notre histoire expliquait certaines réactions sans les déterminer ?

C'est peut-être là le point essentiel.

Notre histoire compte.

Notre enfance compte.

Nos expériences comptent.

Les messages reçus et les modèles familiaux peuvent avoir participé à construire certains de nos fonctionnements.

Mais notre histoire n'est pas une condamnation.

Nous continuons à apprendre.

Nous évoluons.

Nous pouvons développer de nouvelles ressources.

Nous pouvons modifier notre manière d'aborder certaines situations.

Et parfois, nous pouvons découvrir que ce qui nous a protégé autrefois n'est plus nécessaire aujourd'hui de la même manière.

Quel rôle l'hypnose peut-elle jouer ?

L'hypnose thérapeutique peut proposer un travail particulier autour de l'attention, de l'imagination, des sensations et des représentations.

Elle peut permettre d'explorer une situation autrement, de mobiliser des ressources et d'expérimenter de nouvelles façons de percevoir une expérience.

Par exemple, lorsqu'une personne appréhende fortement une situation à venir, il peut être intéressant de travailler non seulement sur ce qu'elle pense, mais aussi sur ce qu'elle imagine, ce qu'elle ressent dans son corps et la manière dont elle se représente cette situation.

La visualisation peut également être utilisée.

Et il n'est pas nécessaire de voir des images parfaitement.

Certaines personnes passent davantage par les sensations corporelles, les sons, les mots ou les impressions.

Il n'existe pas une seule manière de vivre l'hypnose.

L'objectif n'est pas de « reprogrammer » une personne ni d'effacer son passé.

Il s'agit plutôt de créer les conditions permettant d'explorer autrement certaines expériences et de mobiliser les ressources disponibles aujourd'hui.

Et si l'hypnose ne fonctionnait pas sur moi ?

C'est une question que l'on peut parfaitement se poser.

Et je préfère y répondre simplement :

l'hypnose n'est pas magique et elle n'est pas nécessairement adaptée à tout le monde, ni à toutes les situations.

Certaines personnes vivent une expérience hypnotique très marquée.

D'autres ressentent des choses beaucoup plus subtiles.

Certaines visualisent facilement.

D'autres passent essentiellement par les sensations ou les mots.

Et parfois, une autre approche sera plus pertinente.

La sophrologie peut notamment permettre de travailler davantage avec la respiration, les sensations corporelles, l'attention et la conscience de soi.

Il n'y a rien à réussir.

L'accompagnement doit avant tout rester adapté à la personne.

Cette rentrée, peut-être pouvez-vous vous demander autre chose

Plutôt que :

« Comment vais-je réussir à tout contrôler ? »

Peut-être :

« Qu'est-ce qui, dans cette situation, me fait réellement peur ? »

Puis :

« Est-ce que cette peur appartient entièrement au présent ? »

Et enfin :

« Quelles ressources ai-je aujourd'hui que je n'avais pas autrefois ? »

Parce que nous ne sommes plus l'enfant que nous avons été.

Nous avons grandi.

Nous avons vécu.

Nous avons appris.

Nous avons traversé des changements.

Et nous avons développé des capacités dont nous ne mesurons pas toujours la valeur.

Notre histoire fait partie de nous. Elle peut éclairer certains de nos fonctionnements. Mais elle n'a pas à écrire seule la suite.


Sophrologie et hypnose à Béziers

À mon cabinet à Béziers, j'accompagne les adultes, les adolescents et les enfants en sophrologie et en hypnose Ericksonienne.

L'accompagnement peut notamment s'inscrire autour du stress, de l'anxiété, des émotions, du sommeil, du manque de confiance en soi ou des périodes de changement.

Je ne cherche pas à appliquer une méthode identique à chaque personne.

Nous partons de votre vécu, de votre demande, de vos besoins et de vos ressources pour construire un accompagnement adapté.

Si cette rentrée réveille des inquiétudes, des pensées en boucle ou la sensation de devoir tout contrôler, vous pouvez simplement venir en parler.

Il n'est pas nécessaire d'avoir déjà les réponses.

Parfois, comprendre ce qui se passe en soi constitue déjà un premier pas.

Avec bienveillance, 

Pascale 

 

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